Les infections respiratoires basses, Pneumonies Aiguës Communautaires (PAC) et Pneumonies Nosocomiales (PN) représentent une part très importante des antibiotiques consommés à l’hôpital. Il est recommandé de traiter les patients atteints de pneumonie sur la base de résultats microbiologiques plutôt qu’empiriquement. Cependant, la documentation microbiologique dans les infections respiratoires basses est compliquée, en raison de difficultés pour obtenir des prélèvements profonds, de l’administration fréquente d’antibiotiques avant la réalisation des prélèvements et du manque de sensibilité des techniques microbiologiques classiques. Nous avons participé à une évaluation nationale du BioFire® FilmArray® Pneumonia Panel de juillet à octobre 2018, afin d’évaluer son impact potentiel dans l’optimisation des antibiotiques en cas de pneumonie.

Tous les prélèvements respiratoires envoyés au laboratoire de bactériologie de notre centre par 5 services (médecine interne, urgences, chirurgie thoracique, médecine intensive et réanimation, réanimation chirurgicale) ont été évalués de façon prospective par l’équipe d’infectiologie. Les patients présentant une pneumonie selon les critères de l’IDSA (Kalil et al., CID 2016) ont été inclus. Chaque prélèvement a été testé avec les techniques standard et parallèlement avec le BIOFIRE® Pneumonia Panel.

Sur les 334 prélèvements respiratoires évalués, 63 correspondaient à des épisodes de pneumonie: 40 PN et 23 PAC, dont 37 en réanimation et 26 hors réanimation. Les pathogènes les plus souvent détectés par le panel étaient : Pseudomonas aeruginosa dans les PN (11/40) et Staphylococcus aureus (5/23) et Streptococcus pneumoniae (4/23) dans les PAC. L’antibiothérapie probabiliste chez tous les patients comportait une bêtalactamine. Un antibiotique compagnon (Rovamycine, Amikacine) a été administré chez 14 patients. La concordance entre la culture et BioFire Pneumonia Panel était excellente: 93% (positive), 95% (négative).

Deux cliniciens seniors (un infectiologue et un réanimateur) ont ensuite proposé un choix d’antibiothérapie basé sur la clinique et le résultat du BIOFIRE® Pneumonia Panel, qui a été comparé à l’antibiothérapie réellement administrée. L’infectiologue a proposé une modification de l’antibiothérapie dans 79%, et le réanimateur dans 51% des épisodes évalués. Selon l’expert clinicien, jusqu’à 133 jours d’antibiothérapie large spectre auraient pu être évités en utilisant le BioFire Pneumonia Panel par rapport aux techniques standards.

BioFire Pneumonia Panel est un outil prometteur pour l’optimisation des antiinfectieux et le raccourcissement des antibiothérapies à large spectre en cas de pneumonie. Ces résultats sont à confirmer sur une étude prospective.

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